DUNE PODCAST SERIE #1 – OT & JAVLU

Les deux DJs et producteurs OT & Javlu nous donnent leur vision du « Made in Morocco » dans un mix vacillant entre micro-house, electro et musique orientale. Un parcours de la scène électronique marocaine actuelle d’une heure, allant du label le plus connu du royaume chérifien aux artistes les plus cachés, retranchés en Europe de l’Est.

Javlu & OTOriginaires de Marrakech, c’est à Paris que les deux amis font leurs armes et fondent (accompagnés de Aasi et SHYV3R) le label indépendant Mirely. Avec deux EPs et plusieurs dates à leur actif entre Paris, Bordeaux et Caen, le collectif prend de l’ampleur et annonce une saison 2018 très chargée.

Javlu et OT – Lucas et Othmane, de leurs vrais noms – nous proposent aujourd’hui de découvrir leur vision de la scène marocaine grâce à plus d’une heure de mix expliqué en détails. Ils justifient leur sélection et nous en disent un peu plus sur la scène électronique du royaume.

Assalamu alaykoum ! Tout d’abord, merci de jouer le jeu. En quelques mots, qu’est ce que vous avez voulu exprimer avec ce mix ?

Wa alaykum assalam ! Merci à toi de nous avoir offert cette opportunité. Ce mix, c’est une histoire, l’histoire d’une soirée au Maroc. On lance l’intro sur des sons bien traditionnels, un peu comme la bouffée d’air chaud que tu prends lorsque tu descends de l’avion sur le tarmac chaud de Marrakech. Ça monte graduellement, comme une belle après-midi au bord de la piscine, dansante et ensoleillé. La house vient te saisir en fin de journée, pour motiver ton début de soirée. Et le finish EBM, c’est ce côté « club », où tu vas finir ta nuit parfaite.

Tout ça, tu le retrouves au fil de l’histoire, racontée en musique par des productions d’artistes marocains ou signées par des internationaux sur des labels du royaume. Internationaux qui, pour certains, ont même composé leur morceau directement sur les terres marocaines, comme ceux invités à une résidence d’artistes de plusieurs jours par Adil Hiani. Toute cette histoire nous permet de faire un tour d’horizon de la scène actuelle, pour en présenter les multiples talents.

À Casablanca, on constate qu’il est assez difficile de trouver des évènements électroniques. Est-ce que vous avez des petits conseils à nous donner pour sortir au Maroc ?

Il vaut mieux suivre les artistes locaux. On n’a pas vraiment de référence « club » à proprement parler, si ce n’est peut-être le Vanity. Ce qui est magique, au Maroc, c’est que ce sont les collectifs et artistes qui créent la scène. Tu vas avoir des noms comme Plug-In Souls, Cosmo Records, FMR Experience, RAK Electronik, Moroko Loko… Plein de collectifs et artistes différents à suivre, et ce sont eux qui te tiendront informé d’où et quand tu dois te trouver.

On a pu vous écouter à Paris, Bordeaux, Tours… À quand un retour aux sources ?

Le plus vite possible. Ça serait quand même dommage de ne pas pouvoir jouer « à domicile ». Retrouver le public marocain de l’autre côté de la barrière, pour une fois… Goûter à l’ambiance unique qu’il crée, depuis le booth – et bien sûr y participer. On est sur des coups, on avance tranquillement. On n’en dira pas plus pour l’instant, on veut éviter « l’3in ».

Tracklist :

1. Instrumental

Quoi de mieux pour introduire la musique marocaine que ses traditions les plus ancrées dans la culture du pays. On commence ici sur une musique andalouse, région emblématique de la dynastie des Omeyyades (peuple arabo-berbère) au 8e siècle. Petite leçon d’histoire pour raconter le Maroc.

2. Pier Bucci – Morocco [Cosmo Records]

Comment faire un podcast made in Morocco sans passer par la case Cosmo ? Impossible. Ici, le chilien Pier Bucci nous montre tout son talent de producteur, en reproduisant de façon micro les ambiances du Maroc. Passé par Casablanca en février 2014, il y a laissé sa trace lors d’une soirée mémorable et via ce morceau sorti sur l’EP Rabat.

3. James M – Birdhouse [Label Sphère Records]

Un ami franco-marocain, qui a grandi dans les quartiers de Marrakech. Avec son collectif Plug-In Souls, il souhaite démocratiser la fête « alternative » dans le pays, privilégiant les après-midis piscine ensoleillées aux soirées club traditionnelles. Le morceau, plutôt minimal, dégage cette bonne ambiance. Excellente mise en bouche.

4. Radiq feat. Khansa Batma – Waiting For My Man [Cosmo Records]

Ce producteur japonais puise tout son style dans le dub, le jazz et la deep house. T’y ajoutes une dose de Maroc, ça donne un morceau groovy à souhait, avec les vocals de Khansa Batma qui donnent encore plus cet ancrage culturel. Un génie de production. Pas étonnant qu’il ait été interpellé par Adil Hiani pour signer sur Cosmo.

5. Nima Gorji – Arabic Groove [Cosmo Records]

Iranien de sang, Danois de cœur, il a participé à l’évolution de l’underground à Copenhague dans les années 90. Le gars a joué avec les plus grands, produit une tech house à l’écart des clichés actuels. Et forcément, avec un côté oriental déjà bien ancré en lui, ça ne pouvait que coller avec Cosmo.

6. Adil Hiani – Robert Johnson [Unreleased]

C’est marrant, mais pour le track solo de l’homme derrière Cosmo Records, il a fallu qu’on choisisse un unreleased. Parce que face à la multitude des grosses productions qu’Adil a pu réaliser, on a fini par se retrancher par cette découverte de dernière minute. Une ode à Robert Johnson, légende d’un blues que l’on ressent puissant dans le track.

7. Yes’in feat. Saad El Bouaamri – We Come In Peace [Cosmo Records]

Yes’in, c’est un peu le baroudeur de chez Cosmo. Vagabond dans l’âme, rêveur et surtout un type formidable. Bourré de talent. Ce morceau est sorti pour la compilation spéciale 5 ans de Cosmo, en featuring avec Saad El Bouaamri, un violoniste folklore virtuose marocain. Pier Bucci avait d’ailleurs lui aussi réalisé un morceau pour cette compil’ avec Saad.

8. Adil Hiani & San Proper – Les Moutons Ivres (Beverly Plains Cosmo Mix version 13) [Cosmo Records]

De toutes les collaborations de Cosmo, celle-ci est bien la plus incroyable. L’énergumène San Proper s’associe avec Adil sur un morceau emblématique de Cosmo dont ils feront plusieurs versions : « Les Moutons Ivres ». Le groove d’Adil associé aux notes déjantés du Néerlandais donne naissance à un mélange à la fois dérangeant et génial.

9. Polyswitch – Ocean View [Question Of Time Records]

Polyswitch, c’est un peu le « self made man » de la musique électronique marocaine. Apparu de nul part, multi-instrumentaliste, ses productions peuvent aller de la deep à une house bien plus tonique. Ici, on est sur un entredeux, avec un solo de Rhodes à l’ancienne qui transporte…

10. Demuja – Kill That Emotion [Skylax Records]

Seul « intrus » de la liste, ce track de Demuja n’a pas de lien direct avec le Maroc. Mais il est sorti sur Skylax Records, le célèbre label parisien de Hardrock Striker… Qui est marocain d’origine. Certes, tout son travail est né à Paris, mais il porte un tant soit peu le drapeau du Maroc dans le milieu de la musique électronique.

11. Kosh – Eat A Soup [Casa Voyager]

On sort de la case micro et house pour atterrir sur un track d’EBM bien planant. Kosh, c’est le label Casa Voyager, qu’il a créé avec OCB, et qui perce depuis quelques mois partout en Europe. Son travail de production est monstrueux, qu’il met même à l’exercice lors de live. Il jouera même en septembre à l’Oasis Festival, rendez-vous annuel marocain de la techno.

12. OCB – Tour De France (ohm Track) [Casa Voyager]

Ce morceau est un hymne à Kraftwerk (d’où le nom du track, d’un album éponyme du groupe mythique sorti en 2003). On ressent dedans toute la sobriété de l’electro d’antan, et la puissance du monde techno actuel, influencé par des Juan Atkins et Richie Hawtin. C’est simple : tout ce que sort Casa Voyager est excellent.

13. Bergsonist – Mutation [Unreleased]

Dernier instant magique de ce mix. La jeune Bergsonist est parti il y a longtemps déjà vivre du côté de New York, où elle a fait ses classes du côté de Brooklyn. Apparemment, elle serait depuis peu installée en Slovénie. Mais ça n’a pas d’importance, car où qu’elle aille, elle nous ressort du gros son comme celui-ci. Qui se barre sur un fade out parce que la nuit n’est pas terminée, mais libre à vous de la continuer. 

Merci les gars et à bientôt !

 

Publicités
thedunemusic

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s